Kilaka
cueillette de romarin

Présentation

 

 

 

 

Claude, Cueilleur et Producteur d'Huiles Essentielles à Villevieille - Gard

Je cueille des plantes aromatiques, afin de les distiller et d'en extraire huiles essentielles et eaux florales. J'essaie d'avoir un panel assez large afin de proposer des produits élaborés et de répondre à vos attentes en matière de cosmétique et d'aromathérapie.
J'ai commencé mon activité de cueillette à l'été 2010 et j'ai fait, entre avril 2011 et novembre 2014, un essai de production agricole de plantes aromatiques sur une petite surface.
Cette tentative s'étant révélée infructueuse, je pratique dorénavant la cueillette à plus grande échelle, et délègue à d'autres producteurs les cultures de plantes qui vont me manquer.

 

 

Pratiques Culturales, Ethique

2012

J'ai intégré depuis 2012 le réseau Nature & Progrès, qui est bien plus qu'une mention d'agrobiologie, mais aussi une association de personnes (producteurs et consommateurs) engagés dans une démarche écologique et éthique très poussée, et en perpétuelle évolution.
Tous mes produits sont donc maintenant sous mention Nature & Progrès, à part les sels de bains aux huiles essentielles contenant des sels de la Mer Morte ou de l'Himalaya, N&P considérant la provenance trop lointaine. Mais n'ayant pas trouvé en France de sel aussi riche, j'ai décidé de continuer à en produire. J'ai toutefois ajouté à ma gamme des sels de bains sous mention N&P, élaborés avec du sel de Bretagne, également sous mention N&P.

2017

J'ai, au mois de novembre 2016, démissionné de Nature & Progrès, pour une raison politique, si j'ose dire. Bien sûr, mon mode de production n'a guère changé. Le problème est ailleurs. Pour l'expliquer, je dois révéler la façon dont je vois le monde du bio, maintenant que j'en ai été un acteur, et après pas mal de lecture et documentation sur notre société:
L'apparition des premières mentions accolées aux productions respectueuses de l'écologie et du consommateur sont apparues dans les années 70, en même temps que la propagation dans certains milieux de la conscience du caractère destructeur de l'industrie et des pratiques agricoles encadrées par la chimie. Tout d'abord confidentiel, le propos a atteint et convaincu de plus en plus de monde. Le mouvement fédérait des petits producteurs, souvent des reconversions de métiers divers qui effectuaient un retour à la terre, ainsi qu'une part devenue non négligeable des consommateurs.
Pour l'agro-industrie, il a fallu réagir. La tactique employée est assez banale: on s'accapare le concept, on détruit la concurrence, on détourne le mouvement.
Premier point: on s'accapare le concept en créant la mention AB, encadrée par une réglementation administrative adéquate, permettant de facto de mettre les petites mentions associatives sur la touche.
Certes, elles continuent d'exister, mais on leur coupe déjà l'herbe sous le pied.
Comment cela a-t-il été possible? En créant des organismes PRIVÉS certificateurs, dont les services coûtent cher, mais dont le coût peut être récupéré par le producteur grace à un crédit d'impôt spécifique.
Les petites mentions, traditionnellement, fonctionnent différemment, en utilisant pour le contrôle des producteurs affiliés le Système Participatif de Garantie (SPG), dans lequel des adhérents, producteurs et consommateurs, visitent chaque année l'ensemble des producteurs sous mention, afin de vérifier le respect du cahier des charges de chaque production.
Erreur! Car au niveau administratif, la règlementation est très claire: seul le système de certification faisant appel à un organisme, privé mais habilité, seul ce système peut garantir qu'un produit est bio. La règlementation était fixée par écrit, et l'on voyait déjà une discrimination se profiler, depuis au moins 20 ans maintenant: un producteur certifié AB ne pouvait pas utiliser un intrant (plant, graines, nourriture pour animaux etc.) provenant d'une ferme sous mention Nature & Progrès, Demeter, Simples etc. Pour le certificateur, le produit provenant de ces mentions n'est pas bio. Raison invoquée: le SPG, reconnu insuffisant pour garantir la conformité des productions. C'est en tout cas ce qui est indiqué dans les textes de loi.
Deuxième point: on détruit la concurrence en demandant aux états membres de faire respecter la directive. Ainsi, cet été, en plein mois de juillet, la direction des fraudes ordonne une descente dans les locaux des fédérations des petites mentions (N&P, SIMPLES, Demeter, BioCohérence etc.), et suite à leur visite, envoie un courrier leur demandant de rappeler à leurs producteurs qu'il leur est formellement interdit de communiquer en empoyant les mots "bio, biologique, éco, écologique", ce que fit immédiatement la fédération Nature & Progrès, j'allais ajouter très courageusement...
Un mois plus tard se tenait l'assemblée générale, à laquelle je ne pus assister. Je m'attendais à ce qu'il y eût une levée de boucliers, qu'il se décidât une contre-offensive, bref que l'on résistât à ce qui m'est apparu comme une étape vers l'étouffement. Car accepter de ne pouvoir employer le mot bio, c'est reconnaitre ne pas l'être, et dans un second temps, être exclu de tout magasin bio, marché bio, restaurant bio, foire bio etc.
Ainsi, pour pouvoir être bio, il faut adhérer à AB, dont les cahiers des charges sont très peu cohérents, et qui va, le mouvement est déjà amorcé, tolérer de plus en plus de produits inadéquats (OGM, traitement chimiques et allopatiques, additifs alimentaires dangereux dans les produits transformés...), Nature & Progrès, Demeter, Simples et les autres mentions ne se posant dès lors que comme mentions complémentaires, même s'ils s'en défendent.
Car bien sûr, la majorité écrasante des membres de N&P n'a pas souhaité résister à la discrimination. C'est la raison pour laquelle je suis sorti, ne cautionnant pas cette attitude qui, à mon sens, laisse l'industrie agro-alimentaire, que ces associations sont censées combattre, avancer tranquillement, et poursuivre sans être freinée l'empoisonnement des populations par les perturbateurs endocriniens qu'ils nous font manger, respirer, frotter...
Troisième point: on détourne le mouvement, et bientôt AB ne voudra plus rien dire. Déjà, beaucoup de personnes informées en sont conscientes. Mais elles ne représentent malgré tout qu'une petite partie de la population. L'Europe a validée le CETA, accord de libre échange avec le Canada, qui a, lui, un accord de libre échange (ALENA) avec les Etats-Unis et le Mexique. Le TAFTA va suivre dans la foulée, ce n'est qu'une question de temps. Si la politique au sommet ne change pas, le rouleau compresseur des multinationales aura tôt fait de broyer les alternatives à leur hégémonie.
D'autant plus qu'il n'y a, en face, aucune résistance.

 

 

 

 

 

 

 

 

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